Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /Oct /2006 09:16



   J'ai bizarrement découvert ce chef d'oeuvre après l'avoir repéré dans une liste de "trésors oubliés" du rock, rédigée par Kurt Cobain lui-même dans son journal intime. Mais autant vous le dire tout de suite, nous sommes avec "Rumours", aussi loin du grunge que nous le sommes de la samba en écoutant "Ok Computer". En fait, Fleetwood Mac est le groupe américain de la fin des années 70, celui que les enfants écoutent alors dans la voiture avec leurs parents, sur la route des vacances, celui que les parents écoutent en allant au boulot, en pensant à leur enfance folle dans les sixties...car Fleetwood Mac est à la croisée de deux générations: les années 80 et les années 60, le capitalisme et l'esprit communautaire. C'est aussi ce qui explique que "Rumours" soit  un disque de crise, sombre et lumineux à la fois...mais pas seulement. Le groupe était en effet composé de deux couples et de l'emblématique batteur Mick Fleetwood (qui donna son nom au groupe):mais pendant l'enregistrement, les deux couples se séparèrent après plusieurs années de mariage. Dans l'art, on sait à quel point l'état affectif individuel est déterminant pour la création qui en découle: on ne s'étonne donc pas d'entendre ici des règlement de compte entre Stevie Nicks et Lindsey Buckingham, rivalisant tous les deux pour écrire la plus belle chanson. Cette malsaine émulation concourra à produire les bijoux que sont "Never going back again", "Dreams", "Go your own way", aux titres fort évocatifs. Ce disque est aussi parfaitement produit, avec un son rond de batterie tout simplement inimitable, des parties de guitare en picking et en arpèges cristallins, et des voix  qui s'entrecroisent à la perfection. Ce qu'on appellera plus tard avec mépris le "Rock FM" trouve ici sa plus belle et subtile incarnation.

Note: 18/20
A écouter de préférence: sur la route...

Anecdotes concernant l'album:
*On sait que les couples Nicks/Buckingham et McVie se sont séparés à l'époque de Rumours, mas ce que l'on sait moins, c'est que Mick Fleetwood, le batteur, s'est aussi séparé de sa femme Jenny la même année! Trois divorces qui donnent pourtant naissance au meilleur album du groupe. Christine McVie dira d'ailleurs plus tard qu'ils écrivaient chacun au sujet de l'autre, et qu'ils furent surpris qu'un tel album puisse émerger de cette misère affective et de l'ambiance délétère qui régnait en studio.
* "Go your own way" provoqua une dispute entre les ex époux Nicks et Buckingham: Stevie Nicks croyait en effet que les paroles faisait référence à la future séparation du groupe.
*"Gold dust woman" est une métaphore filée sur la cocaïne, alors que "Oh Daddy" parle de la paternité de Mick Fletwood et de son aura spirituel sur le groupe. "Songbird" était sensée selon Christine McVie, être un petit hymne pour tous les membres du groupe. Ils en avaient sûrement bien besoin!
*L'album a permis au groupe d'obtenir un Grammy award l'année suivante. Il resta pendant 31 semaines dans le Billboard américain. En 2003, le magasine "Rolling Stone" l'a placé à la 25ème place dans le classement des "500 meilleurs albums de tous les temps".


Par Megalo Paul - Publié dans : Albums cultes
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Dimanche 22 octobre 2006 7 22 /10 /Oct /2006 12:00



  Les barbus ont-ils une prédisposition pour la musique ? C’est ce que pourraient se demander les fans de John Lennon, du Cat stevens de la grande époque, de Harry Nilsson, ou encore du groupe The Band. Ceci expliquerait aussi que les ambitieux Killers se soient soudainement convertis à ce courant musico-capillaire. Mais ce serait surtout un excellent motif pour écouter le meilleur album à ce jour, de ces 2 frères suédois exilés à Paris. On s’apercevra alors rapidement que si Not on top (précédent effort du groupe) était déjà top, Giant, quant à lui est carrément géant! Un son limpide, la présence de cuivres et de voix féminines très travaillées : rien cette fois-ci n’est laissé au hasard, les Herman Dune ont mis en boîte leur Blonde on Blonde. Et c’est vrai que l’on pense souvent à Dylan et à son verbe bavard, mais aussi aux Modern Lovers, ou encore au Velvet Underground, jouant au coin du feu, avec des guitares acoustiques et des girls scoutes qui reprennent les refrains en cœur.
  Le groupe a signé sur une major et une fois n’est pas coutume, la musique plus accessible et variée, ressort grande gagnante de cette montée en D1. On imagine pourtant mal les suédois jouer dans un stade : à moins que le concert ait lieu dans les vestiaires d’une sombre équipe locale. Nul doute alors, que la musique qu’on entendra sera prompte à réchauffer les cœurs attristés par une énième défaite.

 
Note : 16/20
A écouter de préférence : lors d’une soirée d’hiver, avec des amis et un bon thé fumant.

Lien utile :www.myspace.com/therealhermandune


Par Megalo Paul - Publié dans : Megalopaulcritique
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Samedi 21 octobre 2006 6 21 /10 /Oct /2006 19:22



  Une question doit se poser d’emblée à l’écoute de ce disque : aurai-je le même jugement sur ces chansons si je ne savais pas que celui qui en est l’auteur est le guitariste d’un de mes groupes de rock préféré ? Malheureusement, ce critère méthodologique semble difficilement respectable pour la simple raison que tout ici nous amène à penser aux Strokes (la guitare agile d’Albert Hammond Jr, la tonalité des chansons, cette nonchalance élégante), et à comparer en conséquence ce premier effort solo avec les albums du groupe. Ce n’est pourtant pas rendre justice au talent qui ressort de ces dix chansons de très bonne facture. Yours to keep, c’est un peu Room in fire  (le deuxième album des Strokes), mais enregistré dans un champs avec des oiseaux, plutôt que dans une ville toute grise, un receuil de comptines plutôt que des hymnes new yorkais. Voilà ce qui ressort objectivement de cet album : un optimisme ensoleillé, des arrangements bucoliques, des cœurs en vacances (ceux de Sean Lennon et Ben Kweller, les invités de marque du pote Albert)…on pense parfois aux Papas Fritas, aux meilleurs morceaux de Cake; et on en redemande, restant sur notre faim après le final tout en trompettes du bien nommé « hard to live (in the city) ». Au final, ce n'est pas l’album du mois, mais bien une oeuvre attachante.

 

Note : 15/20
A écouter de préférence : au printemps

Lien utile: www.myspace.com/alberthammondjr


Par Megalo Paul - Publié dans : Megalopaulcritique
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Samedi 14 octobre 2006 6 14 /10 /Oct /2006 20:08




  Je n’étais pas allé à un concert depuis un certain temps et c’est donc avec impatience que j’attendais cette soirée à l’affiche prometteuse. J’ai bien mis deux heures à me rendre compte que la troisième partie qui devait être assurée par Ray Davies (le légendaire leader des Kinks) avait été annulée. L’ouverture prometteuse de Duke Special, groupe irlandais composé d’un pianiste et d’un percussionniste, aux accents fortement mélodiques, fut suivie de « Barth », entité electro-pop sensée combler le vide causée par l’absence du grand Ray.

  La déception (grande je dois bien le dire) ne gâcha pourtant pas le spectacle qui allait suivre. Et il faut bien en effet parler de spectacle, quand on veut décrire un concert de Phillipe Katerine puisque la mise en scène y est presque aussi importante que la musique. L’effet comique des tenues du groupe (qui va du glamour classe au slip et col roulé rose en passant  par le costume égyptien argenté façon disco), le physique des musiciens (on jurerait qu’on leur a fait passé un casting avant la tournée : chaque membre campant un personnage à part entière) ne doit pourtant pas nous égarer au sujet de la prestation purement artistique mélange de cabaret post moderne et de musique robotique, millimétrée fortement dansante accompagnant le surréalisme des paroles. Le groupe ne triche pas, et l'on sent que tous les musiciens prennent du plaisir à jouer. Tout en maîtrisant parfaitement son sujet, Katerine, dans sa générosité, nous donne l’impression de nous faire vivre un moment unique. Le concert se clos 1h30 plus tard, dans la bonne humeur et par une déclaration d’amour à un poulet labellisé.

       C’est alors au tour de Neil Hannon et de sa « divine comédie » de nous faire chavirer les oreilles. Mais la barre est haute: l’ouragan Katrine est passée par là et c’est ce qui explique peut-être que le début du set a du mal à captiver l’auditoire. La musique est pourtant d’une qualité irréprochable : pas moins de neuf musiciens dont une violoniste et un violoncelliste sont présents sur scène. Les morceaux du dernier album (« the victory for the comic muse ») s'enchaînent avec bonheur, ce qui tend à confirmer la qualité mélodique du dernier opus. On restera aussi toujours admiratif devant la qualité de cette voix si grâve qui sort pourtant de ce petit bonhomme tout frêle. Alors bien sûr, on peut trouver que Divine Comedy devient de plus en plus un groupe pour "enseignantsqui lisent Télérama". Les musiciens sont beaucoup moins « sexy » que chez Katerine, et la musique aussi. Les chansons parlent de "dames d’un certain âge ", de religion et des guerres passées. Le clou semble bien être enfoncé lorsque Hannon en appel au twist et commence à effectuer quelques petits pas de danse que certains qualifierait de ringard. Mais c’est oublier à la fois l’esprit cabotin de celui qui a quand même écrit « Generation Sex » (hymne du libertinisme moderne s’il en est) et l’humilité d’un talent certain, dont la modestie qui contraste avec sa musique, transparaît encore d’avantage sur scène.


Par Megalo Paul - Publié dans : Chronique concerts
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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /Oct /2006 12:09

   


  C’est assez étonnant de voir comment certaines chansons peuvent s'emparer de moments de notre passé (de situations géographiques différentes, d’humeur, ou d'évènements apparemment insignifiants), en les entourant de cette étoffe de sons les rendant particulièrement unique lors de leur remémoration. Mais n'est ce-pas plutôt ces moments, qui parce qu'ils ont en fait une signification personnelle particulière, ont revêtit la parure d'une ambiance, d'une mélodie, pour s'ancrer plus profondément en nous? Nous sommes devant un dilemme : soit la musique écoutée s’est imprégnée de nos expériences passées, soit ce sont nos états psychologiques qui se sont fondus dans la teinte indéfinissable de chaque chansons.

  En réalité, il semble se passer plusieurs choses : lorsque nous écoutons une mélodie pour la première fois, nous la percevons d’une manière totalement différente des fois prochaines. On peut penser que cette virginité sonore va alors être l’objet d’une appropriation à travers l’écho intérieur de notre personnalité. . Mais d’autre part, une musique peut s’avérer entrer soudainement en total adéquation avec nos sentiment intérieurs, que ce soit la première fois ou non que nous l’écoutions. Ce phénomène se rencontre souvent dans le cas de la musique de film, puisque la mélodie est alors effectivement utilisée comme véhicule des sentiments.

  Une chanson peut sembler si étroitement liée à un souvenir qu’il nous est impossible de l’en défaire. Je me rappelle ainsi m’être levé un matin en écoutant « Thank you »des Pale Fountains, et ouvrir les volets et ressentir la chaleur des rayons du soleil. Je me souviens d’un voyage un Allemagne et cet album planant (« Pet Grief »de Radio Dept.) que je mettais chaque soirs avant de dormir, des déserts espagnols en voiture en écoutant le rock de Mando Diao, d’un noël en compagnie des Pixies alors qu’il neige dehors, de mes premiers mois à Toulouse à écouter les Zombies, d’une discussion autour d’un thé, au son du troisième album du Velvet Underground…C’est ça aussi qui me fait tant aimé la musique, cette façon de se replonger dans mes souvenirs en y trouvant des nuances particulièrement bien rendues par les mélodies qui les accompagnent.

 Je finirai par ce petit passage de l’Essai sur les données immédiates de l’entendement de Bergson, qui montre comment la musique peut s’insinuer en nous et devenir ce véhicule des émotions (peut-être à notre insu), expliquant ainsi peut-être, qu’elle laisse parfois une trace si profonde dans notre mémoire : « Ainsi, en musique, le rythme et la mesure suspendent la circulation normale de nos sensations et de nos idées en faisant vaciller notre attention entre des points fixes, et s’emparant de nous avec une telle force que l’imitation, même infiniment discrète d’une voix qui gémit suffira à nous remplir d’une tristesse extrême. Si les sons musicaux agissent plus puissamment sur nous que ceux de la nature, c’est que la nature se borne à exprimer des sentiments alors que la musique nous les suggère. »

     

Par Megalo Paul - Publié dans : Réflexions sur la musique
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